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L'unité organisée, toutes les Eglises n'en veulent pas

L'unité organisée, toutes les Eglises n'en veulent pas
 
19.03.12 - Alors que les Eglises évangéliques rejoignent majoritairement le Réseau évangélique (en Suisse) et le CNEF (en France), certains milieux restent réticents ou moins prompts à suivre le mouvement. Ils expliquent leurs raisons.
«Vous me demandez pourquoi ICF n’est pas membre du Réseau évangélique (RES)? Je demande plutôt: pourquoi le serait-elle? Ma crainte serait de perdre des ressources et du temps pour quelque chose qui n’apporte finalement pas grand-chose. Car l’unité ne s’organise pas, elle se vit», lance Matthias Bölsterli, pasteur ICF à Genève. Alors que la plupart des évangéliques se rassemblent, discutent et agissent aujourd’hui dans le cadre de suprastructures telles que le CNEF, en France, ou le RES, en Suisse, d’autres milieux sont plus réticents ou moins prompts à rejoindre le mouvement. Et les Eglises émergentes du type ICF (photo) ne sont pas les seules.

Perte de son particularisme?
Il y a d’abord l’histoire. Les Eglises Action Biblique (AB) faisaient partie des membres fondateurs de la Fédération romande des Eglises et œuvres évangéliques (FREOE) en 1983. Mais lorsqu’il ne s’est plus trouvé dans le comité de représentant de l’AB, «la FREOE a adopté des prises de position très favorables aux mouvements charismatiques et œcuméniques», indique l’actuel président de l’AB Suisse, Pierre-Alain Etienne.
En 1998, l’AB a donc démissionné, puis n’a jamais rejoint le RES.
Il faut dire que Hugh Alexander, fondateur du mouvement Action Biblique au début du 20e siècle, «n’a pas enseigné en priorité la collaboration et l’unité des chrétiens», analyse Pierre-Alain Etienne. «Il avait des positions tranchées face aux libéralisme et rationalisme protestant et face aux erreurs théologiques du pentecôtisme, erreurs que ce mouvement a d’ailleurs corrigées depuis». L’histoire de l’Action Biblique est donc caractérisée par une certaine crainte de perdre son particularisme par des collaborations trop ouvertes.

Normaliser les relations
Le constat est assez similaire chez les mennonites, qui ont attendu mai 2011 pour adhérer au RES, après deux ans de réflexion. «Longtemps, plusieurs personnes et Eglises craignaient d’être associées à des prises de position théologiques et politiques qui ne les mettaient pas à l’aise», indique Madeleine Bähler, coordinatrice de la Conférence mennonite suisse. «Mais nous avons ressenti que les responsables du RES étaient respectueux et conscients de la particularité de la théologie anabaptiste». A savoir une conception minoritaire sur l’engagement politique, le service militaire et la non-violence. «Nous avons fini par formaliser des liens qui existaient de facto», poursuit Madeleine Bähler.
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