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L'Unesco a taclé Israël par derrière

L'Unesco a taclé Israël par derrière
 
20.06.16 - En votant sa résolution sur la question des lieux saints, l’Unesco a porté un coup, symbolique en tout cas, à Israël. Analyse.
Plusieurs lieux saints juifs font partie du patrimoine musulman: c’est l’idée qui ressort de la résolution sur la «Palestine occupée», adoptée le 14 avril par l’Unesco et 33 Etats membres. Le texte, qui avait été proposé par six pays arabes, n’est certes pas contraignant. Mais il n’est pas passé inaperçu, provoquant la colère d’Israël et l’incompréhension, voire l’indignation des amis de l’Etat juif, dont des chrétiens.

Patrimoine pris en otage
Toujours dans ce texte, l’Esplanade des mosquées est mentionnée sous son nom arabe (al-Aqsa/al-Haram al-Sharif) et jamais sous son appellation juive (Mont du temple). Lieu le plus saint du judaïsme, le Mur occidental est cité entre guillemets après son équivalent arabe. Par ailleurs, la résolution évoque le tombeau des Patriarches (à Hébron) et celui de Rachel (près de Bethléem) comme des lieux saints musulmans. Autre sujet de polémique, la mention de l’installation de «fausses tombes juives dans les cimetières musulmans». Seuls six Etats ont voté contre cette résolution, notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Dix-sept se sont abstenus. Face à la levée de boucliers, François Hollande a regretté une telle confusion; il a annoncé que l’Unesco réviserait sa décision en octobre.

Jacques Gauthier, avocat en droit international et auteur d’une thèse sur le statut de Jérusalem, soutenue à Genève, s’indigne de la non-prise en compte par l’ONU des résolutions de San Remo et du mandat sur la Palestine adopté par la Société des Nations (SDN). Ces documents sont la base juridique de la répartition des territoires aux Juifs et Arabes: «Quand la SDN a disparu, les droits de surveillance et d’administration sont passés aux Nations Unies, mais cela ne leur donne pas le droit de changer les clauses primaires et essentielles du mandat». La résolution lui paraît ridicule, car «qui pourrait prétendre que les Juifs n’ont pas de lien avec l’endroit où se situait leur temple et une multitude d’autres événements historiques?»
Attaché à l’idée d’une cohabitation judéo-arabe en Israël-Palestine, le pasteur Jean-Jacques Meylan analyse que cette résolution est un épisode de plus dans le dramatique feuilleton de la mésentente israélo-palestinienne: «Refuser les liens entre le Peuple juif, l’esplanade des mosquées et le Mur occidental est une absurdité offensante pour les Juifs. Mais il est tout aussi offensant de modifier le statut des lieux saints de l’islam et de judaïser des lieux appartenant aux deux traditions». A ses yeux, ce vote indique une exaspération de la communauté internationale et des gouverments occidentaux face à Israël.

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