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L’obéissance a-t-elle encore sa place à l’ère de l’égo?

L’obéissance a-t-elle encore sa place à l’ère de l’égo?
 
18.12.17 - Dans une société centrée sur l’individu et ses besoins, l’obéissance telle qu’elle est présentée dans la Bible tend à disparaître. Entre liberté, conscience ou encore moralité, la soumission à un Dieu d’amour pourrait bel et bien révolutionner nos vies. Dossier.
«Si vous m’aimez, respectez mes commandements» (Jn 14, 15). Depuis ces paroles de Jésus, l’obéissance a été historiquement au cœur de la spiritualité chrétienne, des moines au mouvement missionnaire, en réponse à l’ordre de Jésus de faire des nations ses disciples.

Individualisme de masse
Mais à l’ère de l’égo, ce message est-il encore recevable? Difficilement, si l’on en croit sociologues et théologiens. Dominique Wolton, sociologue, par exemple, parle de «l’individualisme de masse». Il a construit ce mot pour «rendre compte de l’originalité de la société contemporaine où cohabitent deux données structurelles, toutes deux normatives mais contradictoires: la valorisation de l’individu au nom des valeurs de la philosophie libérale et de la modernité; la valorisation du grand nombre au nom de la lutte politique en faveur de l’égalité.»

L’appel à l’obéissance
Par ailleurs, le légalisme dans l’Eglise peut laisser des traces, particulièrement chez les enfants de chrétiens, qui le ressentent comme une perversion de la saine obéissance: «Il y a parfois eu un conformisme attendu pour de mauvaises motivations; question d’apparence de la personne, de la famille, un cache-misère», avoue Paul Harrison, pasteur et évangéliste de l’Eglise de la rue de Sèvres, à Paris. «Il y a un dégoût pour le légalisme ou l’hypocrisie qui repousse», poursuit-il.
Le pasteur voit toutefois des racines plus profondes à ce blocage: «La réponse est peut-être simpliste, mais l’obéissance représente toujours un défi pour des humains marqués par un désir d’indépendance par rapport à Dieu (Gen. 3).
» En somme, le refus d’obéir est davantage la cause de l’individualisme que sa conséquence. Se référant à la parabole du fils prodigue dans Luc 15, il rappelle que la révolte est une stratégie de mise à distance de Dieu, mais qu’on «peut aussi le faire en restant dans une religiosité, en voyant notre vie avec lui comme un certain esclavage où il nous doit quelque chose», comme le fils aîné. Ainsi, l’hyperobéissance n’est pas non plus la garantie d’une relation vivante avec Dieu.
Cependant, même si l’obéissance est un repoussoir pour certains dans leur quête de Dieu, pour d’autres, c’est un argument-vérité. Paul Harrison se souvient d’un journaliste qui voulait abandonner le parcours de découverte de la foi organisé par son Eglise car le christianisme épousait trop les aspirations humaines pour être vrai.

Renoncer à soi-même
Décidé néanmoins à lire le texte de la soirée, il est interpellé par Marc 8, 34: «Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive!» Il dit avoir expérimenté alors un changement radical. «De l’incrédulité, il est passé à la foi. Il est venu à la soirée et il est devenu disciple de Jésus», se réjouit l’évangéliste.
(...)
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