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L’Eglise moldave face à l’exil

L’Eglise moldave face à l’exil
 
23.09.19 - Dans une société post-soviétique majoritairement orthodoxe, les Eglises protestantes évangéliques jouent un rôle social actif.

Série: Tour du monde des Eglises
Les préoccupations majeures du pays sont aussi celles de l’Eglise: l’émigration massive vers l’Ouest et la pauvreté, explique Valeriu Ghilechti, responsable de l’Eglise baptiste et ancien député du Parlement de Moldavie. Dans cette ex-république soviétique de 3,4 millions d’habitants située entre l’Ukraine et la Roumanie, la croissance des Eglises évangéliques est freinée par un exode de sa jeunesse vers les Etats-Unis, le Canada, et l’Europe de l’Ouest. «L’Eglise évangélique est même plus petite qu’il y a quinze ans, surtout dans les zones rurales», analyse le pasteur.

Loin derrière les orthodoxes
Implantées dans le pays depuis 1908, les Eglises baptistes, puis pentecôtistes, ont résisté à la période communiste et à la chute de l’URSS en 1991.
Aujourd’hui, avec un peu plus de 1% de la population, le protestantisme évangélique représente le deuxième courant religieux du pays, très loin derrière les Eglises orthodoxes de traditions russe et roumaine (environ 90%).

La liberté commence à se voir
«Beaucoup de nos fidèles ont migré vers l’Ouest, souvent grâce à des réseaux relationnels dans les Eglises qui ont facilité le processus d’immigration», observe Ghenadie Russu, membre actif de la communauté évangélique de Chisinau, la capitale. Lui cherche à convaincre les jeunes de rester dans le pays, en leur proposant des formations pour créer leurs entreprises. «Il y a presque autant d'évangéliques moldaves en Amérique du Nord que dans l’ensemble de la Moldavie. 90% de mes nombreux cousins vivent à l’étranger», soupire le jeune homme. «Mais Dieu veille sur tout! Nous avons besoin de prier pour que les gens ne soient pas découragés par cette situation économique et politique difficile, pour que les gens ne partent pas.»
Au chapitre des réjouissances, «la liberté religieuse commence à se voir dans le pays», assure Ghenadie Russu. «A l’époque soviétique, le seul endroit où les personnes se sentaient en sécurité, c’était dans l’Eglise. Mais les choses ont changé: aujourd’hui les chrétiens peuvent être politiciens, médecins, artistes, chercheurs.»

Une explosion du nombre d’Eglises
Ghenadie Russu a noté «une explosion» du nombre d’Eglises depuis la fin de la période soviétique, «surtout de la fin des années 1990 au milieu des années 2000». Le pays compte désormais 450 Eglises baptistes, 300 Eglises pentecôtistes et une centaines d’autres appartenant à différentes dénominations.
Si les autorités se montrent aujourd’hui bienveillantes, et développent des partenariats avec les Eglises évangéliques, notamment pour l’action sociale, «dans les villages, les évangéliques rencontrent parfois des problèmes avec l’Eglise orthodoxe majoritaire», déplore Valeriu Ghilechti. «Quand une Eglise évangélique s’implante dans un village, c’est souvent vu comme une trahison. Certains prêtres orthodoxes refusent que des évangéliques soient enterrés dans les cimetières.» Mais une partie de la jeunesse se lasse de plus en plus de l’Eglise orthodoxe et ses scandales et «s’intéresse à une proximité avec Jésus», assure Ghenadie Russu. Le renouveau passera par elle.

David Métreau

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