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Inde: ils accordent le pardon, sans que justice ne soit rendue

Inde: ils accordent le pardon, sans que justice ne soit rendue
 
24.09.18 - Dix ans après l’une des plus grandes vagues de persécutions subies par les chrétiens en Inde, le même scénario pourrait se répéter, en marge des élections législatives de 2019. Les croyants s’efforcent de pardonner, malgré les injustices. Enquête.
«Avec les élections générales de 2019 qui approchent, il est tout à fait possible que les violences anti-chrétiennes dans le district de Kandhamal se reproduisent, là-bas ou partout ailleurs en Inde», s’alarme le révérend Vijayesh Lal, secrétaire général de Evangelical Fellowship of India (EFI), qui représente les évangéliques au niveau national, dans leur diversité. Pour lui, le risque pour les chrétiens est plus élevé que jamais et concerne l’Inde entière.

Eradiquer les chrétiens
A Noël 2007 et pendant l’été et l’automne 2008, les chrétiens de l’état de l’Odisha (anciennement Orissa), à l’Est de l’Inde, subissaient une des plus graves vagues de persécution de l’histoire chrétienne du sous-continent, en particulier dans le district de Kandhamal. Des dizaines de chrétiens étaient tués à cause de leur foi (voir encadré).
«Une décennie plus tard, quand vous conduisez dans le district, vous croisez toujours par hasard ici ou là, une église brûlée ou une nouvelle statue du dieu hindou Hanuman», décrit Priya Ramani dans le journal en ligne Scroll.in.
L’église de Betticola, par exemple, rasée pendant les pogroms, est aujourd’hui un temple hindou où un haut-parleur joue en boucle des chansons à la gloire du dieu Ram. C’était à cette divinité majeure du panthéon hindou que des extrémistes proches du pouvoir local voulaient dédier ces terres et plus largement l’ensemble de l’état de l’Odisha. Il fallait donc, selon eux, en éradiquer toute présence chrétienne.

Sentiment d’impunité
«La plupart des chrétiens n’ont toujours pas eu accès à la justice.
Aujourd’hui, si la situation s’est apaisée, beaucoup vivent dans la peur», déplore le révérend Vijayesh Lal.
Un sentiment d’impunité règne, les principaux responsables du massacre étant toujours en liberté. En août 2016, la Cour suprême de l’Inde a demandé au gouvernement de l’état de l’Odisha de ré-enquêter sur 315 affaires classées en lien avec les violences anti-chrétiennes de 2007-2008. Le tribunal a déclaré qu’il était inquiétant que seulement 78 des 362 procès terminés aient abouti à une condamnation.

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Illustration/Photo: © DR Portes Ouvertes
 
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