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Ils accueillent les survivants de la traversée de la Méditerranée

Ils accueillent les survivants  de la traversée de la Méditerranée
 
22.12.14 - Un couple italien, accablé par le sort des immigrés arrivés par la mer, met toute son énergie à les secourir et à les accompagner. Le moteur de leur engagement: la conviction que chaque être humain a de la valeur.
Noël approche. A Ragusa, petite ville baroque du sud-est de la Sicile, Tina et Francesco Iuzzolini ont fort à faire. Comme l’année dernière, ils organisent un grand banquet. Au menu, panettone (dessert italien) et chansons. Au total, une bonne centaine de personnes à nourrir et amuser. Les invités? Des réfugiés. Des familles, des grands-pères, des mères, des jeunes hommes, des orphelins. Ceux qui débarquent par milliers chaque semaine sur les côtes siciliennes. La plupart ont passé plusieurs jours en Méditerranée sur de véritables cercueils flottants, en provenance des plages libyennes, très loin de leurs pays d’Afrique subsaharienne (Soudan, Erythrée, Ghana, Sénégal) ou du Moyen-Orient (Syrie, Pakistan, Bangladesh).
Une catastrophe humanitaire face à laquelle l’Italie, touchée par la crise, est désarmée, peu aidée par l’Europe.

Situations de vie tragiques
Alors les initiatives individuelles fleurissent. Comme celle de Tina et Francesco. En janvier dernier, ils ont fondé Mission Trois V, dont l’objectif est de venir en aide aux migrants. Francesco, 40 ans (2e depuis la droite de la photo ci-contre), est l’un des rares à parler anglais dans la province; il s’occupe donc de la traduction et de l’aide administrative, dans les camps ou à l’hôpital. Tina, 36 ans (à gauche de la photo ci-dessus), prend en charge la communication. Mais le cœur de leur action se trouve dans le soutien matériel (livraison de vêtements) et moral. Entourés d’une petite équipe de bénévoles, ils passent leurs journées au chevet de ces gens qui arrivent souvent dans un total dénuement. «Certains sont malades, beaucoup ont été torturés ou ont connu la prison; les femmes ont été agressées. Nous nous occupons de deux jeunes filles, enceintes de leurs violeurs...», confie Francesco. Et son épouse de raconter cette histoire poignante: «L’autre jour, alors que je visitais une réfugiée algérienne, j’ai fait la connaissance de sa voisine de lit, Samia*. Et c’est elle en fin de compte que nous avons aidée. Comme tous les autres, elle avait embarqué sur un bateau en Libye. Mais la police l’a attrapée et l’a jetée en prison.
(...)
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En 2014, plus de 207 000 personnes auront traversé la Méditerranée, selon les tous derniers chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU. 3400 sont morts noyés. Entre janvier et août 2014, 18 000 d’entre eux ont trouvé refuge en Sicile. C’est quatre fois plus que sur l’ensemble de l’année 2013. En novembre, l’opération Mare Nostrum, conduite par la marine italienne, a laissé place à l’opération Triton de l’Union Européenne.
 

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