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Hong Kong défend ses droits

Hong Kong défend ses droits
 
19.08.19 - Depuis début juin, la population de Hong Kong se mobilise pour défendre l’indépendance de la justice et la démocratie.
«Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu», a menacé un haut responsable chinois après la grève générale du 5 août et les violences en marge d’une nouvelle manifestation à Hong Kong. Depuis début juin, l’ex-colonie britannique de sept millions d’habitants traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.
Les manifestations massives ont débuté contre un projet de loi ayant pour but d’autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Selon le principe «un pays deux systèmes», la mégapole est sensée garder une certaine autonomie jusqu’en 2047 et un système démocratique. Mais dans les faits, la réalité est autre.

Problème d’autonomie judiciaire
«C’est le scénario le plus pessimiste qui s’est réalisé», déplore Philippe Le Corre, chercheur à la Harvard Kennedy School et spécialiste de la Chine. «Hong Kong est devenue une ville chinoise. D’une certaine manière on est passé d’une colonie britannique à une colonie chinoise.» Le chercheur souligne un grave problème d’autonomie judiciaire dans la région administrative spéciale de la République populaire de Chine (RPC).
«Depuis plusieurs années, les Hongkongais perçoivent une érosion des garanties inscrites dans la formule “un pays deux systèmes”, notamment du “haut degré d’autonomie” promis à Hong Kong: c’est l’une des raisons de la mobilisation actuelle», décrit Sebastian Veg sinologue et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris.
Cette remise en cause de l’indépendance de la justice pourrait avoir de fortes répercussions sur le statut de centre d’affaires et financier de Hong Kong, assure le sinologue. «Avec la mobilisation actuelle, l’érosion connaîtra peut-être un répit, même si à long terme il sera difficile de résister aux projets de Pékin. L’hypothèse la plus probable reste sans doute une érosion plus ou moins lente plutôt qu’une remise en question frontale.»
Et cela dans l’indifférence des principales démocraties occidentales. Philippe Le Corre pointe les problèmes multiples que soulève la superpuissance chinoise au niveau international: Taïwan, la lutte contre la contrefaçon, les nouvelles routes de la soie, les aides étatiques chinoises aux entreprises, le contrôle de la mer de Chine, le Xinjiang, etc. «Hong Kong n’est qu’un sujet parmi d’autres.
(...)
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