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«Emmenez-moi»: Charles Aznavour

«Emmenez-moi»: Charles Aznavour
 
22.10.18 - Ces Hits entrés dans l'histoire.
Le décès de Charles Aznavour nous prive d’un important représentant de l’âme franco-arménienne. Entre nostalgie élégante et espérance souriante, son répertoire a su conjuguer le rêve universel d’ailleurs avec une mesure de réalisme quant à la condition humaine. L’utilisation de sa chanson Emmenez-moi comme bande-son pour la cérémonie d’hommage suite à son décès a consacré ce titre comme étant certainement son plus grand succès.
Nous avons tous au fond du cœur une voix qui nous chuchote que le gris de notre quotidien pourrait se transformer en «d’éternels étés sur les plages».
Ne nous suffirait-il pas de repérer le bon bateau pour nous y emmener? Il se trouve quelques chanceux qui y parviennent mais la plupart des humains restent en rade. Leur bateau n’est jamais le bon, le nouveau travail, le nouveau conjoint, le nouveau ticket de loto ou la réalisation de leurs ambitions. Rien n’y fait. Pire encore, certains montent à bord de rafiots promettant «le pays des merveilles» mais accostent dans de dangereux paradis artificiels. Finalement, ils ne partent jamais mais restent à rêver «jusqu’au matin, debout sur le port».

A ce propos, les chrétiens vivent des circonstances curieuses. Sur le seuil entre le «déjà» du salut en Christ et le «pas encore» du Ciel, ils connaissent le pardon de Dieu qui leur permet effectivement de «laisser là le passé, sans aucun remords». Mais tout chrétien connaît aussi le malaise d’habiter un monde qui n’est pas tel qu’il devrait être. N’avons-nous pas parfois du mal à vivre la joie, la paix et l’espérance que donne le Christ, alors que la tristesse et la colère nous habitent?

Les infos ne nous abreuvent-elles pas quotidiennement d’abus de pouvoirs, de violences politiques et individuelles, d’injustices et de tragédies qui méritent notre révolte? Et que dire des réalités difficiles de la vie chrétienne elle-même? Ici-bas, la souffrance n’épargne pas les chrétiens. Nous comprenons bien la supplique de Charles Aznavour: «Emmenez-moi.» Nous aspirons au jour où nous retrouverons notre vraie patrie, celle où nous vivrons «sans bagage et le cœur libéré en chantant très fort.»

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Emmenez-moi

Vers les docks où le poids et l'ennui
Me courbent le dos
Ils arrivent le ventre alourdi de fruits
Les bateaux

Ils viennent du bout du monde
Apportant avec eux des idées vagabondes aux reflets de ciels bleus
De mirages
Traînant un parfum poivré de pays inconnus
Et d'éternels étés où l'on vit presque nus
Sur les plages

Moi qui n'ai connu toute ma vie
Que le ciel du nord
J'aimerais débarbouiller ce gris
En virant de bord

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Dans les bars à la tombée du jour
Avec les marins
Quand on parle de filles et d'amour,
Un verre à la main

Je perds la notion des choses et soudain ma pensée
M'enlève et me dépose, un merveilleux été
Sur la grève
Où je vois tendant les bras l'amour qui comme un fou
Court au-devant de moi et je me pends au cou
De mon rêve

Quand les bars ferment, que les marins
Rejoignent leur bord
Moi je rêve encore jusqu'au matin
Debout sur le port
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Un beau jour sur un rafiot craquant
De la coque au pont
Pour partir je travaillerais dans la soute à charbon

Prenant la route qui mène à mes rêves d'enfant
Sur des îles lointaines où rien n'est important
Que de vivre
Où les filles alanguies vous ravissent le cœur
En tressant m'a-t-on dit de ces colliers de fleurs
Qui enivrent

Je fuirais, laissant là mon passé
Sans aucun remords
Sans bagage et le cœur libéré
En chantant très fort

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

 

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