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Droits de l'Homme: les chrétiens sont-ils «inhumains» de combattre leur évolution?

Droits de l'Homme: les chrétiens sont-ils «inhumains» de combattre leur évolution?
 
19.09.16 - Directeur du Centre européen pour le droit et la justice, le catholique Gregor Puppinck a reçu le Prix de l’Humanisme chrétien 2016 pour son essai «La Famille, les droits de l’homme et la vie éternelle». Entretien.
En quoi les Droits de l’homme ont-ils changé depuis leur énoncé après la Seconde Guerre mondiale?
Les Droits de l’homme se sont fortement transformés dans le sens de l’individualisme. La raison en est la transformation même de la compréhension faite par la société de ce qu’est une personne. Finalement, l’individu considéré isolément de toutes attaches devient celui qui définit ses droits.
Aujourd’hui, les Droits de l’homme viennent soutenir la volonté individuelle, en particulier contre tout ce qui nous contraint de l’extérieur (les déterminismes culturels et naturels). En 1948, leur objectif était de protéger les personnes contre l’absolutisme des Etats. A l’époque, on sortait de l’expérience du nazisme et l’idée était de juguler la tendance dictatoriale des Etats en prenant l’engagement de respecter les droits des personnes.

Quels effets cet individualisme a-t-il sur la société?
Les Droits de l’homme ont un côté contraignant. Donc ils peuvent aussi changer la réalité telle qu’elle est perçue socialement.
Toutes ces questions qui mettent en cause la liberté individuelle face aux contraintes naturelles ou culturelles sont directement affectées.
Aujourd’hui, les questions liées au genre sont très présentes, comme l’idée qu’une personne peut définir sa propre identité. Pouvoir décider de sa mort ou de ne pas laisser naître un enfant handicapé: toutes ces choses sont déjà passées dans le droit.

C’est-à-dire?
Normalement, le droit doit coller à la réalité, mais son rôle n’est pas de définir la réalité. Toutefois aujourd’hui, le droit agit à la manière du langage divin: il croit rendre possible ce qu’il dit. Si le droit déclare «cet homme est une femme» ou «cet enfant a deux pères», c’est censé être la réalité. Le droit a le pouvoir de créer des fictions. Finalement, on se retrouve avec deux réalités, la concrète et la légale, qui est décisive. Pareil pour la question de l’avortement: on stipule que ce qui est dans l’utérus de la femme n’est pas un être humain.
(...)
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