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Distiller espoir et persévérance chez les Tziganes de Bag

Distiller espoir et persévérance chez les Tziganes de Bag
 
20.12.18 - Depuis 2011, dans un ghetto de Bag, en Hongrie, où la police elle-même ne se rend plus, l’ONG BAGàzs permet aux jeunes d’envisager un avenir meilleur. Reportage proposé par Anlo Piquet, lauréate du prix du journalisme 2018 d’Alliance Presse.

Photos: A gauche, Kati, à l’origine avec son mari Pista du groupe de maison visité par un grand nombre de Budapestois.

En haut, Emöke Both (à gauche sur la photo) permet à de nombreuses femmes de sortir de l’endettement en leur dispensant des cours pratiques.

Au milieu, Pista et son fils Marco, assis dans leur salon.

En bas: Les enfants de Bag peuvent croire en un avenir meilleur, grâce à l’ONG BAGàz.
Bag est une petite ville hongroise située à quarante kilomètres au nord-est de Budapest. Loin du centre, dans un terrain vague, se niche l’une des 1600 «zones de non-droit» où sont recluses les minorités tziganes victimes de ségrégation en Hongrie. On y trouve quatre chemins en terre, une quinzaine de maisons délabrées et parfois plusieurs familles qui se serrent sous le même toit. Les infrastructures s’arrêtent là où le ghetto commence: pas de bus, pas de routes goudronnées, pas de ramassage de poubelles programmé. Les Tziganes survivent pour la plupart grâce à la délinquance.

L’espoir subsiste
Un tableau qui est pourtant en train de changer grâce à l’ONG BAGàzs, qui propose son aide à différents niveaux pour améliorer le quotidien des Tziganes, les réinsérer dans la société hongroise et donner aux enfants des perspectives d’avenir. Au-delà de cette ONG et de son impact extraordinaire, un dessein plus grand apparaît, une foi persévérante, des chrétiens qui crient à Dieu et un Père rempli de compassion qui pourvoit.

Kati et Pista, persévérants
Tout commence en 2001, lorsque des chrétiens membres d’une Eglise de Budapest se lancent dans une campagne d’évangélisation dans le ghetto de Bag. Plusieurs familles tziganes se convertissent.

Kati et Pista font partie de ces tout premiers chrétiens du ghetto et ils nous invitent à entrer chez eux pour nous raconter.
La maison est vétuste mais chaleureuse. Un détail m’interpelle, un écriteau sur le mur extérieur: «Ici nous payons l’électricité.» On m’explique alors que la plupart des Tziganes d’ici se raccordent illégalement – les poteaux électriques des environs sont effectivement surchargés de câbles douteux. En affichant qu’ils sont dans la légalité, Kati et Pista espèrent ainsi montrer l’exemple.
Kati raconte la conversion qui a bouleversé leur vie en 2001: «En recevant l’amour de Dieu on a découvert une nouvelle perspective de vie!» En 2002, ils ouvrent leur premier groupe de maison, 35 personnes se réunissent dans leur petit salon. «L’Eglise de Budapest envoyait des prédicateurs qui nous enseignaient la Bible.»

Le regard de Kati s’assombrit: «Au bout de quelques temps, les Budapestois ont cessé de venir nous voir. Cela devenait trop dangereux pour eux ici. Nous nous sommes d’abord sentis abandonnés. Mais la Parole s’était enracinée en nous, nous voulions suivre Dieu! Nous avons continué à nous rassembler entre nous. Et on a prié pour un renouveau dans la zone, une aide extérieure pour que les mentalités changent.»

BAGàzs prend forme
Kati et Pista s’accrochent et persévèrent, mais le combat est rude: il n’est pas rare qu’un croyant se décourage et tombe à nouveau dans la délinquance, la drogue ou l’occultisme. C’est en 2011 qu’intervient le deuxième grand bouleversement de leur vie. Emöke Both, une jeune femme, débarque dans la zone. Juriste de métier, elle découvre le ghetto de Bag en visitant les anciens détenus de prison.
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