L'article
Deux valent mieux qu'un, même s'ils sont différents
20.02.12 - Le non-charismatique Dany Hameau, président sortant du Réseau FEF, et le charismatique Samuel Peterschmitt, pasteur de la Porte Ouverte à Mulhouse, débattent de l’unité évangélique.
Cet article fait partie de notre Gros Plan sur l'unité, dont les autres textes peuvent être consultés sur ce site également.
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La création du CNEF a scellé l’unité des évangéliques français et la première convention du CNEF l’a rendue visible dans l’espace public. Dans quelle mesure cette unité vous réjouit-elle et pourquoi ?
Dany Hameau (DH) : Je vois trois bonnes raisons de me réjouir de l’avènement du CNEF. Premièrement, il définit ce qu’est l’évangélisme et où sont les évangéliques.
Deuxièmement, le CNEF s’est construit autour de l’identité évangélique, caractérisée par les quatre piliers sociologiques qui la définissent : l’autorité de l’Ecriture, la nécessité de la conversion, la centralité de la croix et l’appel à témoigner de la Bonne Nouvelle. Le CNEF ne détient pas le monopole de l’appellation évangélique, mais celle-ci permet d’incarner cette identité de façon unitaire et consensuelle.
Enfin, le CNEF corrige une erreur de l’histoire, avec d’un côté l’Alliance évangélique française (AEF) qui rassemblait les œuvres et les individus et de l’autre la Fédération évangélique de France (FEF), qui regroupait des Eglises. Ce qui est réjouissant, c’est que pour une fois, l’ancienne génération ne lègue pas un passif.
Samuel Peterschmitt (SP): D’un point de vue historique, l’AEF avait une antériorité par rapport notamment à la Fédération protestante de France (FPF). Le CNEF a donc donné une visibilité d’une réalité historique. La création du CNEF, puisqu’elle a été précédée par des débats internes aux Eglises, a peut-être obligé certains à bouger leur ligne. Enfin, cet élan rejoint ce que Jésus a dit : «A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres» (Jn. 13, 35). Nous sommes en route pour vivre cet amour et cette unité ; Jésus a d’ailleurs prié pour que l’unité dans l’amour caractérise les chrétiens (Jn. 17). Cela donne une force au niveau spirituel, qui permettra d’avancer en résistant à celui qui a réussi à nous diviser dans le passé.
L’unité des évangéliques est-elle de façade ou approfondie ?
DH : Le CNEF n’est pas l’aboutissement d’une préméditation humaine. Pour parvenir à cette unité, des considérations spirituelles ont été privilégiées. Il a été décidé de régler des problèmes. L’unité du CNEF repose sur un fondement spirituel authentique, solide. Si, au plan national, les relations se sont normalisées, la répercussion sur le terrain prendra peut-être plus de temps.
L’importance théologique n’a pas été sous-estimée pour autant. La confession de foi de l’Alliance évangélique mondiale a été unanimement acceptée. Elle constitue le patrimoine commun de l’évangélisme.
Enfin, dernier signe d’unité et non des moindres, la conviction unanimement partagée du besoin de proclamer la Bonne Nouvelle. Nous ne sommes plus dans une logique de «concurrence». L’évangélisation constitue l’une des raisons d’être essentielles du CNEF, et nous avons
rassemblé les forces dans ce but.
SP : Cette unité n’est pas née parce que nous aurions voulu construire une institution protégeant les évangéliques des coups durs, elle est née dans un élan de repentance, fruit d’une conviction de l’Esprit. Il est vrai que la gestation du CNEF a pris dix ans. Tous les contentieux ne sont pas réglés et nous ne pouvons pas exiger du CNEF qu’il réalise en quelques mois ce que nous n’avons pas pu atteindre en plusieurs années avec nos propres structures. Le CNEF ne pourra pas éviter des phases de remise en question et de tensions. Elles font partie du processus de croissance.
Dany Hameau (DH) : Je vois trois bonnes raisons de me réjouir de l’avènement du CNEF. Premièrement, il définit ce qu’est l’évangélisme et où sont les évangéliques.
Trop longtemps, les évangéliques sont restés invisibles, illisibles, inaudibles, difficiles à identifier. Ils existaient en ordre dispersé, n’avaient pas d’interlocuteur désigné et s’étaient rendus coupables d’un déficit de communication.
Deuxièmement, le CNEF s’est construit autour de l’identité évangélique, caractérisée par les quatre piliers sociologiques qui la définissent : l’autorité de l’Ecriture, la nécessité de la conversion, la centralité de la croix et l’appel à témoigner de la Bonne Nouvelle. Le CNEF ne détient pas le monopole de l’appellation évangélique, mais celle-ci permet d’incarner cette identité de façon unitaire et consensuelle.
Enfin, le CNEF corrige une erreur de l’histoire, avec d’un côté l’Alliance évangélique française (AEF) qui rassemblait les œuvres et les individus et de l’autre la Fédération évangélique de France (FEF), qui regroupait des Eglises. Ce qui est réjouissant, c’est que pour une fois, l’ancienne génération ne lègue pas un passif.
Samuel Peterschmitt (SP): D’un point de vue historique, l’AEF avait une antériorité par rapport notamment à la Fédération protestante de France (FPF). Le CNEF a donc donné une visibilité d’une réalité historique. La création du CNEF, puisqu’elle a été précédée par des débats internes aux Eglises, a peut-être obligé certains à bouger leur ligne. Enfin, cet élan rejoint ce que Jésus a dit : «A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres» (Jn. 13, 35). Nous sommes en route pour vivre cet amour et cette unité ; Jésus a d’ailleurs prié pour que l’unité dans l’amour caractérise les chrétiens (Jn. 17). Cela donne une force au niveau spirituel, qui permettra d’avancer en résistant à celui qui a réussi à nous diviser dans le passé.
L’unité des évangéliques est-elle de façade ou approfondie ?
DH : Le CNEF n’est pas l’aboutissement d’une préméditation humaine. Pour parvenir à cette unité, des considérations spirituelles ont été privilégiées. Il a été décidé de régler des problèmes. L’unité du CNEF repose sur un fondement spirituel authentique, solide. Si, au plan national, les relations se sont normalisées, la répercussion sur le terrain prendra peut-être plus de temps.
L’importance théologique n’a pas été sous-estimée pour autant. La confession de foi de l’Alliance évangélique mondiale a été unanimement acceptée. Elle constitue le patrimoine commun de l’évangélisme.
Enfin, dernier signe d’unité et non des moindres, la conviction unanimement partagée du besoin de proclamer la Bonne Nouvelle. Nous ne sommes plus dans une logique de «concurrence». L’évangélisation constitue l’une des raisons d’être essentielles du CNEF, et nous avons
rassemblé les forces dans ce but.
SP : Cette unité n’est pas née parce que nous aurions voulu construire une institution protégeant les évangéliques des coups durs, elle est née dans un élan de repentance, fruit d’une conviction de l’Esprit. Il est vrai que la gestation du CNEF a pris dix ans. Tous les contentieux ne sont pas réglés et nous ne pouvons pas exiger du CNEF qu’il réalise en quelques mois ce que nous n’avons pas pu atteindre en plusieurs années avec nos propres structures. Le CNEF ne pourra pas éviter des phases de remise en question et de tensions. Elles font partie du processus de croissance.
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