L'article

Davantage de partenaires autour de la table

 
16.02.10 - En préparation du Congrès de Lausanne III pour l’évangélisation du monde s’organise une «Consultation internationale» : un vaste forum portant sur les problématiques auxquelles fait face l’Eglise contemporaine dans son témoignage en actes et en paroles. Cette consultation s’articule autour d’articles spécialisés : un théologien brésilien affirme que les missions chrétiennes sont mis au défi de nouveaux partenariats : apprendre à composer avec des organisations et des missionnaires riches et pauvres, africains et asiatiques, fermiers et ingénieurs, à cheval entre différentes cultures. Comment organiser ce partenariat de manière à ce que le riche et puissant d’envahisse pas le faible? Comment honorer Dieu au travers de relations «familiales» empreintes de respect?
Valdir Steuernagel, pourquoi le partenariat est-il si important?
Jésus nous dit très clairement que le message de l’Evangile est un message de communauté. Paul tient un propos identique dans ses lettres. L’Evangile n’est jamais une entreprise individuelle. Nous sommes appelés à construire la communauté de la même manière qu’à prêcher l’Evangile et à servir le pauvre. Etre une communauté de l’Evangile n’est jamais une option mais toujours un mandat. Jésus nous dit clairement que c’est tellement important qu’il prie de tout son cœur pour cela.

Une chose que j’ai essayé d’apprendre est que Dieu lui-même est communauté. C’est magnifique et cela me fascine. Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit sont une communauté et ils nous la présentent. Les prières de Jésus à son Père sont incroyables. Ce que le Père dit au Fils est profond et rempli d’amour. «Tu es mon fils bien-aimé». La manière dont Jésus parle de l’Esprit qui vient est chaleureuse et intense: «Je pars mais l’Esprit vient». La Trinité est une communauté qui nous montre comment s’entendre les uns les autres, comment être interdépendants, comment garder nos propres spécificités sans le sens de la compétition.

Nous ne parlons pas simplement d’un modus operandi pragmatique. Nous parlons d’une essence profonde de l’Evangile à laquelle nous devons obéir. Et je dirais que les évangéliques ne sont pas très bons à cela. Nous y regardons à travers la lunette des pragmatiques. Nous utilisons le terme coopération plus que celui de communauté ou de famille.

«Coopération» est un terme qui suggère un haut niveau d’autonomie individuelle. C’est un terme contractuel.
Et c’est plus pragmatique. Vous mettez ce que vous avez sur la table et nous verrons comment nous pourrons travailler ensemble. Nous devrions commencer par le défi d’apprendre à être une communauté pour mieux parvenir au niveau de la coopération.

Quels sont les défis uniques du partenariat aujourd’hui?
Dans le passé, lorsque nous nous asseyions autour de la table, nos yeux se focalisaient sur les missionnaires européens. Qu’apporteraient-ils? Le siècle passé, on se focalisait sur les Nord Américains. Nous ne pensions qu’à ce qu’ils allaient amener sur la table. Aujourd’hui, nous sommes assis autour d’une table qui compte bien plus de joueurs. L’un vient du Brésil, l’autre d’Afrique, et un autre encore de Corée. Ils apportent leur propre particularité ; ils amènent leurs propres expériences et discernement sur la table. C’est important de nous écouter les uns les autres. Si nous n’écoutons pas, nous discernons mal, et si nous discernons mal, nous servons mal.

Puis-je vous raconter une histoire? Je suis luthérien et j’ai fréquenté une école de théologie au Brésil où certains professeurs étaient allemands. Je me souviens être en train d’essayer de prendre des notes pendant ma première année de théologie systématique. Le professeur enseignait en allemand. Je prenais des notes en portuguais. En allemand, les verbes sont en fin de phrase. En portuguais, ils viennent au début. Ainsi, pour commener à écrire, j’attendais que le gars me donne le verbe pour que cela ait du sens. Mais le verbe prenait tellement de temps à venir que je ratais la deuxième phrase. Parfois, lorsque nous essayons de communiquer à travers nos différentes langues et cultures, nous ratons la deuxième phrase.

Il n’y a pas si longtemps, comme l’historien missiologue Andrew Walls l’a montré, chaque missionnaire était un Blanc aux yeux bleus. Lorsqu’ils venaient autour de la table, ils apportaient avec eux des dons extraordinaires. Les Nord Américains sont issus d’une expérience de croissance de l’Eglise. Vous avez expérimenté le réveil dans votre pays. Vous avez apporté de l’optimisme, «Nous pouvons le faire». Le mouvement de croissance de l’Eglise et le mouvement vers les personnes non-atteintes ont intensifié cela. «Combien de personnes non-atteintes avons-nous? Faisons-en une carte. 2000 ans après J-C. Faisons-le. Faisons-le maintenant. Oui, nous le pouvons.»

Ce n’était pas seulement de la théorie, c’était aussi de l’expérience. Vous êtes venus autour de la table avec beaucoup de récits positifs et d’expériences de ministère à partager. Le pentecôtisme! Azusa Street. World Vision. Campus pour Christ. Jeunesse pour Christ. Billy Graham. Vous pouviez vous asseoir à table et dire: «Voilà; vous faites ça, ça, et ça. Vous pouvez suivre le processus. Nous savons comment ça marche.»

Et vous avez amené de l’argent. Vous pouviez signer des chèques. L’argent est un instrument puissant.

Aujourd’hui, lorsque vous venez autour de la table, ce n’est plus ainsi. L’une des questions clé est: Comment l’entreprise des missions Nord américaines s’assied-elle autour de la table aujourd’hui alors qu’elle ne fait plus la pluie et le beau temps? Lorsque vous venez autour de la table aujourd’hui et que vous avez les Coréens, ils diront: «Nous le ferons à notre manière».

Ils ne diront même pas cela; ils le feront, tout simplement.
Exactement. Lorsque vous avez quelques Brésiliens autour de la table, ils diront, «Regardez, nous le faisons à notre manière». C’est à la fois bon et pas bon. Il y a quelques années, quand j’étais jeune homme, nous pouvions dire que tout était la faute des Américains. Yankee, retournez chez vous – ce genre de choses.
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