La chronique d'Hugues Not

Crise de l’autorité: les profs trinquent

 
23.12.19 - La chronique d'Hugues Not - La violence scolaire représente entre vingt et trente incidents graves par jour en France. Le ministère de l’Intérieur (non celui de l’Education nationale) a présenté le plan d’action du gouvernement en début d’année scolaire.
Les pouvoirs publics parlent de reconquête républicaine... A croire que les écoles sont en voie de devenir un territoire perdu. On en parle depuis longtemps, de cette dégradation, mais il semble que ce mal de la nation, parmi d’autres, s’aggrave encore.

On pourra toujours objecter qu’au moins, de ce côté-ci de l’Atlantique, on n’a pas de mass shootings, ces fusillades où des lycéens tirent sur leurs camarades. C’est vrai, chez nous, ce sont les symboles de l’autorité qui sont visés.

Du côté des profs eux-mêmes, on déplore que le gouvernement ne réponde qu’aux situations extrêmes (qui font avancer le schmilblick en touchant l’opinion publique) et que la violence ordinaire, d’abord verbale, s’est banalisée. La confiscation de portables ou de casquettes sont ici les gestes les plus susceptibles de provoquer la «juste colère» et la prompte vengeance des lésés.

On rappellera peut-être que l’école n’est qu’un reflet de la société adulte. Comment peut-on demander à des jeunes de ne pas résoudre leurs frustrations par les poings alors que nous avons toujours plus de peine à résoudre nos différends par la parole? Ils ont droit à leurs moments «gilets jaunes» aussi, non?
Et comment peut-on demander à nos jeunes de respecter leurs profs et autres figures d’autorité, quand la culture faite par les adultes loue le contraire? Je pense ici aux idoles rappantes qui gagnent un pactole avec leur flot de mépris contre lesdites autorités.

En attendant un éventuel sursaut culturel, les mesures du gouvernement ne sont pas du pipeau: exclusion des élèves violents, vigiles partout et équipes mobiles de sécurité. L’on oubliera ainsi vite ces proviseurs maravés («passés à tabac», apprenez votre vocabulaire, djeunz’) voire suicidés, pour critiquer désormais la dérive sécuritaire.

«Heureux les doux car ils posséderont la terre», disait Jésus. Du style: il faudra vous armer de patience.

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