L'article
Comment remettre de l’humain dans l’entreprise?
16.10.09 - Trois regards sur la récente série noire de suicides liés au travail. Les professionnels les plus touchés sont issus du secteur tertiaire, là où la pénibilité vient des contraintes psychologiques grandissantes
On dénombre entre 300 et 500 suicides liés au travail chaque année en France. Une situation moralement préoccupante et médiatiquement dévastatrice pour les entreprises concernées, bien forcées de prendre des mesures d’urgences. France Télécom, sur la sellette actuellement pour avoir «perdu» 24 employés, a débarqué son n°2 et renoncé à la pratique consistant à déplacer régulièrement ses cadres dans une autre région. Mais des mesures plus fondamentales devront impliquer plus que la seule économie.
Car il y a de toute évidence un aspect systémique au problème. La courbe montante du taux de suicide en entreprise suit celle, parallèle, de l’indicateur de stress professionnel depuis bientôt vingt ans. Les causes ont beau être multiples et la fragilité individuelle ou les difficultés extra-professionnelles souvent mises en avant pour expliquer le geste fatal d’un salarié: pour les spécialistes, travail et santé mentale sont intrinsèquement liés.
Selon l’OMS, l’Hexagone serait la troisième nation où les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses, derrière l’Ukraine et les Etats-Unis. Y aurait-il alors un particularisme français? «On est plus laïque et plus athée que partout ailleurs en Europe», explique Charles Coquerel, responsable du cabinet de conseil chrétien en entreprise @CSER. «On peut imaginer que cela entraîne un manque de paix intérieure chez l’individu face à une situation professionnelle délicate», un manque lié à la vision de la vie qui n’apparaîtrait pas dans les pays où les croyants sont plus nombreux. Gilles Blanc, pasteur, élu municipal et expert comptable, exprime une idée semblable en évoquant un déficit d’espérance: «La faible liberté d’expression des chrétiens freine la transmission de l’espérance dans l’entreprise.»
Management en crise
Depuis une trentaine d’années, la stratégie des grands groupes français n’est plus basée sur une logique de travail mais de gestion du travail. Ce n’est plus le travail du salarié qui produit de la richesse mais la réduction des coûts, des stocks et des ressources humaines.
(...)Car il y a de toute évidence un aspect systémique au problème. La courbe montante du taux de suicide en entreprise suit celle, parallèle, de l’indicateur de stress professionnel depuis bientôt vingt ans. Les causes ont beau être multiples et la fragilité individuelle ou les difficultés extra-professionnelles souvent mises en avant pour expliquer le geste fatal d’un salarié: pour les spécialistes, travail et santé mentale sont intrinsèquement liés.
Selon l’OMS, l’Hexagone serait la troisième nation où les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses, derrière l’Ukraine et les Etats-Unis. Y aurait-il alors un particularisme français? «On est plus laïque et plus athée que partout ailleurs en Europe», explique Charles Coquerel, responsable du cabinet de conseil chrétien en entreprise @CSER. «On peut imaginer que cela entraîne un manque de paix intérieure chez l’individu face à une situation professionnelle délicate», un manque lié à la vision de la vie qui n’apparaîtrait pas dans les pays où les croyants sont plus nombreux. Gilles Blanc, pasteur, élu municipal et expert comptable, exprime une idée semblable en évoquant un déficit d’espérance: «La faible liberté d’expression des chrétiens freine la transmission de l’espérance dans l’entreprise.»
Management en crise
Depuis une trentaine d’années, la stratégie des grands groupes français n’est plus basée sur une logique de travail mais de gestion du travail. Ce n’est plus le travail du salarié qui produit de la richesse mais la réduction des coûts, des stocks et des ressources humaines.
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