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Chrétiens, dépressifs et sous médicaments

Chrétiens, dépressifs et sous médicaments
 
19.05.14 - La dépression est encore une maladie taboue chez beaucoup de chrétiens. C’est notamment la question des antidépresseurs qui pose problème. Que faut-il en penser ?
Prendre des antidépresseurs quand on est chrétien est plus fréquent qu’on l’imagine. Mais rares sont ceux qui en parlent librement. Missionnaire pour Wycliffe, Jane Maire vit avec la dépression depuis trois décennies. C’est pour briser le silence et rejoindre ceux qui souffrent qu’elle a écrit Je prends des antidépresseurs, Dieu merci (éd. Oladios).

Un tabou
Quand elle a fait un burn-out suivi d’une dépression, Claudine s’est culpabilisée, au point de se demander si elle était une mauvaise chrétienne : «Il y a un tabou autour de cette maladie, car elle ne s’explique apparemment pas. Les gens pensent que la personne ne fait pas assez d’efforts pour s’en sortir !». Lorsqu’elle était malade, certains lui ont suggéré de combattre spirituellement : «Mais moi, j’étais tellement mal au fond de mon lit que “Jésus” était le seul mot que je parvenais à prononcer.»
Céline, la vingtaine, est sur le chemin de la guérison. A ses yeux, s’il y a tabou, il vient du malade : «Au début, j’avais honte d’être dépressive.
Je me cachais pour prendre les antidépresseurs».
Lorsqu’elle a accepté un accompagnement psychologique, appris à mieux se connaître et à expliquer ses difficultés, elle a senti les gens plus compréhensifs.

Médication nécessaire
N’empêche que la dépression n’est pas toujours perçue comme une vraie maladie. Médecin psychiatre et psychothérapeute, Joëlle Gaillard explique : «Le trouble dépressif défini médicalement, ce n’est pas de la déprime avec un petit blues. Les neurosciences ont identifié qu’il existe dans la dépression une perturbation dans le taux de certains neuromédiateurs, le plus connu étant la sérotonine». Raison pour laquelle la médication est nécessaire : «Si on ne rééquilibre pas ce déséquilibre biologique, l’évolution peut parfois être fatale et pousser au suicide. Quand le diagnostic est posé, le traitement médicamenteux fait partie de la guérison de la maladie, avec le traitement psychothérapeutique. L’un ne va pas sans l’autre.»
Jane Maire assure que la médication lui a d’abord permis de survivre et d’assumer ses responsabilités familiales et son engagement missionnaire. Par la suite, de vivre pleinement : «Il faut du temps pour trouver les antidépresseurs qui conviennent et accepter, pendant ce temps, d’être mal dans sa peau.
(...)
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