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Ces Eglises qui innovent

Ces Eglises qui innovent
 
22.10.12 - Le visage de l’Eglise a bien changé. Sur quatre numéros, le Christianisme Aujourd’hui vous propose quatre enquêtes sur l’Eglise d’aujourd’hui. Premier volet: les Eglises qui innovent.
Retrouvez les autres articles de cette enquête sur notre site: une interview de Christophe Monnot et un panorama de plusieurs Eglises qui innovent en francophonie.
Que penseraient Saint-Augustin, Jean Calvin ou John Wesley du monde évangélique d’aujourd’hui? Les innovations de ces dernières années ont révolutionné les structures ecclésiales, les formes de culte, l’enseignement dispensé et les relations entre l’Eglise et la société. Des Eglises de type «mégachurchs», attachées à des mouvements internationaux et servies par une technologie de pointe, côtoient sur la scène évangélique des Eglises sur internet. Les rassemblements du dimanche sont destinés ici à un groupe ethnique, là à un public jeune, là encore à des incroyants.

L’innovation est-elle le progrès?
Les Eglises innovent, et elles innovent vite. «Les changements sont toujours plus rapides et s’expliquent par une évolution de la société elle aussi effrénée», constate Matthias Boelsterli, pasteur à ICF Genève. Mais pour lui, le fait que l’Eglise se modernise n’est pas une invention contemporaine: «Il y a eu des vagues successives au cours de l’histoire: la Réforme, le Réveil de Genève, le renouveau pentecôtiste, la découverte de la louange dans les années 1970, maintenant des mouvements comme ICF qui donnent une brise d’air frais, et il faut que cela continue». L’Eglise progresserait-elle donc inexorablement vers quelque chose de toujours meilleur? Les avis sont partagés.


Une adaptation à la culture
«Il y a derrière ces évolutions un changement de paradigme: c’est le passage de la modernité à la postmodernité, ou à un aboutissement de la modernité. Les Eglises émergentes veulent s’adapter à cette nouvelle donne, pensant parfois qu’il faut tout recommencer à zéro», explique Neal Blough, professeur d’histoire de l’Eglise à la FLTE. L’ancien député suisse Jean-Pierre Graber l’expliquait au Christianisme Aujourd’hui en 2011: «Autrefois, l’Eglise était fortement imprégnée du rationalisme de la société moderne: le discours et la raison y occupaient une place importante. Aujourd’hui, les émotions et la subjectivité, propres au postmodernisme, se retrouvent dans les cultes évangéliques, au détriment du discours.»
Derrière l’innovation, on retrouve ce désir d’être adapté à la société, tant dans les formes de communication que dans le contenu du message. «L’Eglise doit faire l’effort d’entrer dans le monde des incroyants pour parler leur langage et nous mettre dans leur peau afin d’enlever les obstacles qui pourraient les déranger, hormis le message de la Croix», assure Matthias Boelsterli.

Doit-on oublier notre passé?
Ce qui pose la question des rapports que les Eglises innovantes entretiennent avec le passé. Pasteur à C3 Lausanne, Thierry Moehr a un avis tranché sur la question: «Si nous restons bloqués dans le 18e ou même dans le 20e siècle, nous entretenons un fossé avec la société. L’Eglise doit évoluer chaque jour». Pour le sociologue Christophe Monnot, les évangéliques ont justement cette capacité d’être «immergés dans la culture, tout en restant alternatifs à la culture.
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