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Bible, nations et indépendances

Bible, nations et indépendances
 
18.11.19 - Kurdistan, Catalogne, Sahara Occidental et même Palestine: la théologie jette un regard positif sur le «droit pour les peuples à disposer d’eux-mêmes» sans aller aussi loin que l’humanisme.
Les aspirations, les luttes et les difficultés de certains peuples à s’affranchir de la domination reviennent sur le devant de la scène. C’est notamment le cas de l’épineuse question du Kurdistan (photo), mais aussi du Sahara Occidental ou encore de la Catalogne. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe du droit international qui remonte au 19e siècle, est-il articulé dans le récit biblique?

Les catégories bibliques sont pertinentes
Une première difficulté survient quand se pose la question des peuples et des nations, celle de leur définition.
«Il y a un écart entre notre usage courant du terme et ce qu’étaient les nations des temps bibliques» prévient le théologien français Henri Blocher. Mais il subsiste selon lui assez de «traits communs et de continuité» pour que les «textes évoqués soient pertinents dans les présents débats». La nation serait une forme d’existence collective forte, d’un degré plus élevé que la famille, le clan, la cité, la tribu. Elle serait plus englobante, marquée par la possession ou au moins le désir du gouvernement de soi et par le sentiment d’une appartenance commune. Bref, un sentiment produit par de nombreux facteurs qui se combinent à des degrés divers: territoire, langue, mœurs, religion, mémoire historique, etc.
«Je suis enclin à juger qu’à l’heure où un sentiment fort, persistant, appuyé sur des éléments communs importants d’appartenance nationale se manifeste, il est juste de favoriser son “incarnation” politique: comme pour les Kurdes aujourd’hui» déclare le théologien. Mais selon lui, toutes les collectivités seraient «pulvérisées si le désir “trop humain” de l’indépendance était légitimé pour n’importe quel groupe qui y prétend». «Le péché produit la domination d’un groupe plus fort sur un groupe plus faible, mais il produit également le refus d’une autorité supérieure» souligne Henri Blocher.
Par ailleurs, «l’Ecriture à coup sûr avertit à l’encontre d’une idolâtrie qui donne une valeur et un pouvoir absolus à la nation: le “ni Juif ni Grec” interdit cette absolutisation; la nation n’est qu’une forme de l’existence collective.»

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