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Ambassadeurs de la réconciliation, pour petits et grands conflits

Ambassadeurs de la réconciliation, pour petits et grands conflits
 
21.04.14 - Il y a vingt ans, un dramatique génocide déchirait le Rwanda. Aujourd’hui encore, la population reste marquée. Face aux nombreux conflits de notre monde, la réconciliation est-elle possible? Au cœur des tourmentes, comment les chrétiens peuvent-ils être des ambassadeurs de la paix?
Découvrez sur ce site les autres articles de notre dossier consacré à la réconciliation.
La réconciliation peut-elle rendre le monde meilleur? Vingt ans après le génocide du Rwanda, les blessures sont loin d’être toutes cicatrisées. La tension était palpable en marge des récentes commémorations. Plusieurs initiatives de réconciliation ont pourtant été entreprises depuis 1994. Avec des progrès réjouissants. En 2002 par exemple, le chrétien Matthias Stiefel et son ONG WSP International (devenue depuis Interpeace) ont soutenu les Rwandais dans la création de l’Institut de Recherche et de Dialogue pour la Paix (IRDP).
La méthode de travail de l’ONG reposait sur quatre axes: une relecture en commun du passé par la population, un inventaire des différentes interprétations du génocide, un apport au développement économique commun et enfin un cadre judiciaire capable de gagner la confiance des parties en conflit. Le tout accompagné d’un travail d’étude accadémique (IRDP), pour dépolitiser le processus. «En effet, souvent les chefs de guerre ne peuvent pas se parler, en raison de leur méfiance réciproque ou par peur de perdre la face», précise Matthias Stiefel.
Des progrès ont été manifestes, non seulement au Rwanda, mais aussi dans une vingtaine de pays où l’ONG est active.
En Somalie, la création d’espaces de dialogue a permis d’éradiquer durablement le conflit dans le Somaliland et le Puntland, deux Etats qui représentent 60% du pays. «Ils ont en outre permis d’initier des projets économiques communs aux groupes précédemment en conflit, en leur permettant d’envisager un avenir commun», témoigne Matthias Stiefel.

Les conflits sont inévitables
Mais il suffit parfois d’une commémoration, de quelques discours, pour que le passé rattrape ceux qui ne sont pas entrés dans une démarche de réconciliation approfondie. Le Rwanda ne fait pas exception. L’expert en réconcilaition cite aussi l’exemple du conflit au Kosovo, qui a explosé après la commémoration d’une bataille entre l’Europe chrétienne et l’Empire ottoman, pourtant vieille de plusieurs siècles: «En l’absence d’un processus de réconciliation, un événement ou un mythe présent dans la mémoire inconsciente de la population peut revenir à la surface.»
La réussite d’un processus de réconciliation a un coût. Pour Matthias Stiefel, la première condition est de ne pas imposer des solutions de l’extérieur, erreur récurrente de la Communauté internationale: «Cette dernière parvient à stopper superficiellement les conflits, sans résoudre pour autant les causes et les blessures profondes des hostilités». Un processus de réconciliation prend beaucoup de temps.
Seconde condition, il faut apprendre à gérer des conflits, «sans quoi, les blessures ressurgissent tôt ou tard, à l’exemple du Kosovo. Les conflits sont inévitables et ne sont pas mauvais en soi. Lorsqu’on arrive à les gérer de façon non-violente, ils peuvent même être source de progrès». Au-delà des grandes crises, cette réalité touche aussi bien l’Afrique que nos sociétés, nos entreprises ou nos familles. En effet, même si «l’on ne fait pas la guerre, il y a des regards chargés de reproche, de haine et de mépris», observe de son côté le théologien anabaptiste Claude Baecher.
«Nous sommes-nous mis d’accord sur la façon de régler nos conflits?»: cette question constitue le point de départ de cet apprentissage. Elle permet d’éviter l’escalade de la violence.

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Un style de vie?

L’Engagement du Cap invite les chrétiens à adopter un style de vie de réconciliation. Celui-ci est mis en évidence premièrement quand les chrétiens pardonnent à ceux qui les persécutent, tout en ayant le courage, en prenant leur défense, de mettre en cause l’injustice subie par d’autres.
Quand ils apportent leur aide et offrent l’hospitalité à leur prochain «de l’autre bord» d’un conflit, en prenant l’initiative de franchir les barrières pour chercher la réconciliation.
Quand ensuite ils continuent de rendre témoignage au Christ dans des contextes violents et sont prêts à souffrir, voire à mourir, plutôt que de participer à des actes de destruction ou de vengeance.
Quand enfin, ils s’engagent, après le conflit, dans le long processus de guérison des blessures infligées, faisant de l’Eglise un lieu sûr de refuge et de guérison pour tous, y compris les anciens ennemis.
 
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